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Types de pizza : la pâte et la cuisson distinguent les grands styles

Élise-Florence Delestrade 7 min de lecture
Type de pizza : styles de pâte et cuisson (napolitaine, romaine, deep-dish)

Il n’existe pas un seul type de pizza, mais plusieurs familles reconnaissables à leur pâte, leur cuisson, leur format et leur garniture. Entre une napolitaine souple, une romaine croustillante, une part new-yorkaise à plier ou une deep-dish très épaisse, chaque style possède ses propres codes. Voici les repères essentiels pour les distinguer et choisir selon vos goûts.

La pizza napolitaine, origine d’une tradition mondiale

La pizza moderne est associée à Naples, où elle s’impose comme préparation populaire au 18e siècle. La Margherita, garnie de tomate, de mozzarella et de basilic, est traditionnellement liée à 1889 et à la reine Marguerite de Savoie. Ses couleurs rappellent le drapeau italien. Elle reste une référence simple pour apprécier l’équilibre d’une pizza, avec une pâte expressive, peu d’ingrédients et une cuisson maîtrisée.

Infographie comparative des principaux types de pizza italienne et américaine selon la pâte, la texture et le format
Infographie comparative des principaux types de pizza italienne et américaine selon la pâte, la texture et le format

Les deux classiques : Margherita et Marinara

La Margherita réunit sauce tomate, mozzarella et basilic. La Marinara, plus dépouillée, associe généralement tomate, ail, origan et huile d’olive, sans fromage. Ces deux recettes montrent qu’une garniture abondante n’est pas indispensable. La qualité de la pâte, l’acidité de la tomate et le parfum de l’huile d’olive donnent l’essentiel du caractère.

La pizza napolitaine se reconnaît à son disque souple et à son bord gonflé, appelé cornicione. Elle cuit très vite, entre 60 et 90 secondes, dans un four très chaud pouvant atteindre 400 °C. Le centre reste moelleux, parfois légèrement humide. Ce résultat correspond au style et à cette cuisson intense. Depuis 2008, la pizza napoletana bénéficie d’une spécialité traditionnelle garantie. L’art des pizzaiuoli napolitains est inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO depuis 2017.

Les grands styles italiens se distinguent d’abord par la pâte

Pour comprendre les différents types de pizza, mieux vaut observer la pâte avant la garniture. Une même association de tomate et de mozzarella ne produit pas la même expérience sur une base ronde et souple, une pâte fine et craquante ou une plaque épaisse vendue à la coupe. L’origine et le format donnent aussi des indices utiles.

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Style Origine Pâte et format Texture dominante Service
Napolitaine Naples Ronde, bord gonflé Souple, moelleuse À l’assiette
Romaine Rome Fine et étalée Croustillante À l’assiette
Al taglio Rome Rectangulaire, en plaque Aérée, croustillante dessous À la tranche, souvent au poids
Sicilienne Sicile Épaisse, souvent rectangulaire Moelleuse et généreuse À partager

Romaine, al taglio et pinsa : le règne du croquant

La pizza romaine classique est plus fine que la napolitaine. Sa base sèche, ferme et craquante convient à ceux qui préfèrent une garniture nette, sans centre très souple. La pizza al taglio est cuite sur plaque, découpée en rectangles et vendue à la part. Son format se prête aux garnitures de légumes, de pommes de terre, de charcuterie ou de fromages. Elle est souvent vendue au poids, ce qui permet de choisir une quantité adaptée.

La pinsa est une autre spécialité romaine, souvent ovale et légère en bouche. Elle ne doit pas être considérée comme un simple synonyme de pizza : sa pâte et son identité propres expliquent son nom. Pour comparer ces styles, examinez la tranche de pâte. Les alvéoles, l’épaisseur du dessous et la résistance au pliage donnent rapidement une idée de la texture. La farine, le degré d’hydratation et le temps de repos modifient aussi la mâche.

Sicilienne, sfincione et pizzas plus épaisses

La pizza sicilienne se présente fréquemment en format rectangulaire, avec une pâte plus épaisse et rassasiante. Le sfincione, spécialité de Sicile, se rapproche d’une focaccia garnie, souvent avec de la tomate, de l’oignon, du fromage et de la chapelure. Ces styles supportent mieux les garnitures généreuses et une cuisson plus longue.

Leur texture moelleuse et leur format facilitent le partage. Ils conviennent à un repas convivial, notamment lorsque l’on recherche une pizza consistante qui garde une bonne tenue après la cuisson. À l’inverse, une base très fine privilégie le croquant et se mange plus rapidement.

Les pizzas américaines : de la part pliée au plat profond

Les styles américains ne sont pas de simples copies de recettes italiennes. Ils ont développé leurs propres gestes, formats et équilibres, notamment avec l’immigration italienne et l’adaptation aux habitudes locales. La pâte, le montage et le mode de service changent fortement d’une ville à l’autre.

New York, Chicago et Detroit : trois expériences opposées

La pizza new-yorkaise est large, fine et suffisamment souple pour être pliée en deux, à la manière d’un portefeuille, a portafoglio. Son bord est croustillant, mais sa part reste flexible. Elle convient à un repas rapide et se déguste facilement sur le pouce.

À Chicago, la deep-dish inverse l’image de la pizza fine. Montée dans un moule profond, elle forme une sorte de tourte salée. Sa pâte accueille une garniture généreuse, avec du fromage et de la sauce tomate disposés en couches.

La pizza de Détroit est carrée, épaisse et cuite dans un moule. Elle se reconnaît à ses bords très caramélisés et croustillants. Ces pizzas américaines se mangent à table et se rapprochent davantage d’un plat complet que d’une simple galette garnie.

Le choix peut se faire selon la texture recherchée. Pour une pizza légère, la romaine, la napolitaine ou la new-yorkaise sont les plus adaptées. Pour davantage de croustillant, optez pour une romaine, une pizza al taglio ou une pizza de Détroit. Si vous recherchez un repas généreux, la sicilienne et la deep-dish offrent une pâte plus épaisse. Pour des saveurs franches, la Marinara, la Diavola et la pizza blanche mettent les ingrédients au premier plan.

Garnitures, régimes alimentaires et une Margherita maison

Les noms de garniture permettent aussi de classer les types de pizza. La quattro formaggi joue sur plusieurs fromages fondants. La quattro stagioni répartit traditionnellement ses ingrédients en quartiers. La Capricciosa associe couramment jambon, champignons, artichauts et olives. La Diavola apporte une note relevée grâce à une charcuterie épicée. Une pizza blanche, ou pizza bianca, se passe de sauce tomate et met davantage en avant le fromage, l’huile d’olive, la crème ou les légumes.

Les versions végétariennes remplacent la viande par des légumes, des champignons, des olives, du pesto ou des fromages. Pour une pizza vegan, la mozzarella peut être remplacée par un fromage végétal ou une préparation à base de tofu, selon le résultat recherché.

Une pâte sans gluten doit être préparée avec un mélange adapté et séparée des farines classiques pour éviter les contaminations croisées. Vérifiez aussi les allergènes : gluten, lait, fruits à coque dans certains pestos et parfois soja dans les alternatives végétales. Le choix de la garniture ne suffit donc pas toujours à déterminer si une pizza convient à un régime particulier.

Une Margherita simple pour reconnaître les bons équilibres

Préparer une pizza maison aide à comprendre ce qui différencie les styles. Cette version vise une pâte fine et souple, facile à réaliser dans un four domestique.

  • 250 g de farine de blé
  • 160 ml d’eau tiède
  • 4 g de levure boulangère sèche
  • 5 g de sel
  • 1 cuillère à soupe d’huile d’olive
  • 150 g de pulpe de tomate
  • 125 g de mozzarella bien égouttée
  • 6 à 8 feuilles de basilic
  1. Mélangez la farine, la levure et l’eau, puis incorporez le sel et l’huile. Pétrissez environ 8 minutes, jusqu’à obtenir une pâte lisse.
  2. Couvrez la pâte et laissez-la lever 1 h 30 dans un endroit tiède. Elle doit gonfler sans devenir collante.
  3. Préchauffez le four au maximum, avec une plaque placée à l’intérieur. Étalez la pâte sur un plan légèrement fariné, sans écraser excessivement les bords.
  4. Répartissez la tomate, ajoutez la mozzarella en petits morceaux et enfournez 8 à 12 minutes selon la puissance du four.
  5. Ajoutez le basilic et un filet d’huile d’olive à la sortie du four. Égouttez bien la mozzarella pour éviter une pizza détrempée.

Le meilleur type de pizza dépend surtout de la texture et du format recherchés : pâte souple et bord levé, base fine et cassante, part à plier ou plat généreux à partager. Identifier le style avant de choisir la garniture permet de commander, de cuisiner et de déguster avec plus de précision.

Élise-Florence Delestrade

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